mercredi 14 septembre 2011

Un tabou qui fait bien des ravages. Parlons-en!

C'est dans les journaux et à la télévision ces temps-ci. On nous présente des statistiques, des chiffres par régions, par tranches d'âges, par sexes, mais on parle très peu des raisons. Peut-être parce que les disparus n'ont pas toujours laissé d'explications ou peut-être qu'on préfère jouer à l'autruche. J'en sais rien.

La certitude que j'ai par contre, c'est que je suis déjà passé par là, comme en fait foi cette chanson, écrite dans le cadre d'un cour de français au Cégep. Je ne me souviens plus très bien si c'était le nom du manuscrit ou celui du cour, mais ça s'intitulait "Anthologie de la jeune chanson québécoise". Le titre du recueil était "La vie est ailleurs"

Ma composition s'intitulait Le Suicidaire Imaginaire et c'était chanté sous l'air de "J'aurais voulu être un artiste".

Ça allait comme suit:

Je suis un être suicidaire
Qui voudrait bien quitter cette terre,
Pour ne plus jamais voir la mer
Et ne plus respirer cet air.

Je ne demande qu'à disparaître.

Je suis un être solitaire,
Qui ne veut rien savoir des autres,
Parce que ces derniers sont tous des traîtres
Comme Judas l'un des 12 apôtres.

Je ne demande qu'à comparaître

Je n'suis pas fait pour vivre cette ère,
Qui n'se réfère qu'aux notes scolaires,
On appelle ça égalitaire
Moi j'appelle ça être tortionnaire.

Je ne demande qu'à aller paître.

Pour en finir avec mon être,
Devrais-je attendre après les autres?
Qu'attendez-vous pour me faire taire?
J'peux plus attendre après vous autres.

Je trouve que j'ai assez souffert.

Ne craignez rien, c'était à une autre époque. Bien peu de gens connaissaient l'existence de ce texte avant aujourd'hui. En fait, je crois que nous étions que 10. Les 8 autres personnes qui ont écrit + le professeur.
Disons que ce n'est pas le genre de chose que tu mets dans ton c.v.

Toujours au Cégep Ste-foy, dans une classe de philosophie, on nous obligeait à écrire sur l'homme. À tous les cours, nous devions pondre quelques phrases en rapport à ce qui nous passait par la tête.

J'étais inspiré par le sujet et j'ai accouché de ces 4-5 lignes:

À tous ceux et celles qui trouvent que le suicide est un acte de lâcheté, je vous mets au défi de garder la même opinion après avoir pensé à ceci : celui qui se suicide doit sacrifier l'amour qu'il avait de sa mère, de son père, de ses frères et soeurs, de ses amis ainsi que le chemin qu'il avait parcouru. C'est un acte de courage, un message qui doit passer et faire réfléchir. Les jeunes n'ont pas la place qui leur revient dans la société. 

Enfin. Ce qui est écrit est écrit.

Pourquoi je ressors ça des boules à mites? Parce que plusieurs sujets du genre m'ont interpellé dans les derniers jours; demande de suicide assisté d'une personne gravement handicapée, l'histoire de Nelly Arcan vs son passage à Tout le Monde en Parle en 2007, le ministère de la santé et des services sociaux qui fait une tournée partout au Québec pour la sensibilisation du suicide chez les ainés, sans oublier la journée mondiale de la prévention du suicide, qui avait lieu le 10 septembre dernier.

Je vais essayé de me limiter à ces 4 "nouvelles", quitte à reparler du sujet dans un autre texte.

1 - Le suicide assisté ---> Évidemment je suis pour. Comme je suis athée, je ne peux pas argumenter en disant que ça va contre la volonté de Dieu. Bien encadrée, cette pratique permettrait à une minorité de mourants, de finir avec un peu plus de dignité, tout en allégeant des souffrances physiques et mentales, qui sont souvent endurées depuis beaucoup trop longtemps.

Je ne crois pas que mon jugement soit biaisé par le fait que je travaille avec ce type de clientèle, bien au contraire. De toute façon, j'ai toujours eu cette position face à ce débat, qui ne devrait pas en être un. Tant que certains ignorants prétendront que c'est un geste de lâche et tant que la religion prendra le dessus sur le côté humain, on restera au point mort. Pendant ce temps, des personnes saines d'esprit mais condamnées à mourir dans la souffrance, vont continuer d'agoniser un peu plus chaque jour. Bravo la société moderne.

2 - La "controverse", qui n'en ai pas vraiment une, concernant le texte "La Honte", récemment publié sur le site de Nelly Arcan. http://nellyarcan.com/pages/la-honte.php ---> J'adorais cette femme. Pas juste pour sa beauté rayonnante et sa poitrine invitante, mais bien pour le contenu de cette écrivaine. Je ne l'ai pas lu beaucoup car je n'aime pas vraiment lire, mais elle passait régulièrement à la télé communautaire pour discuter de sujets divers. Ce qu'elle disait était toujours pertinent et son vécu l'aidait à relativiser. Je trouve ça bien triste qu'elle se soit pendue, mais je suis bien mal placé pour la juger. L'histoire dans le Journal de Québec d'aujourd'hui, n'avait pas raison d'être. Sensationnalisme à la con.  

3 et 4 - Les ainés et les statistiques ---> On peut facilement regrouper les 2 derniers sujets, car l'un a été pondu dans le cadre de l'autre.


Les hommes entre 35 et 49 ans sont les plus susceptibles de mettre fin à leur jour. Viennent ensuite les hommes de 50 à 64 ans. Ces chiffres sont assez facile à interpréter, mais les solutions demeurent vagues. Dans ma tranche d'âge, c'est souvent les familles et les mariages brisés qui en sont la cause. C'est une interprétation de ma part, mais je crois que c'est assez réaliste comme constat. Étrangement, les hommes passent plus difficilement au travers d'une rupture. On a longtemps cru que les femmes étaient plus émotives, mais peut-être pas dans ces situations. Encore là, c'est mon humble avis.

Pour ce qui est des hommes de 50 à 64 ans, on peut probablement affirmer sans trop se tromper, que les raisons sont à peu près similaires. Il n'y a plus d'âge pour les divorces, et peu importe où on est rendu dans notre cheminement de vie, ça n'est jamais facile à vivre. La perte d'un être cher, d'un emploi ou d'un fond de pension peuvent aussi expliquer le phénomène.

En terminant, je crois que peu importe l'âge et le sexe, on peut facilement associer le mal de vivre, à la pression sociale et à l'argent. Malheureusement, ces deux maux ne sont pas appelés à disparaître dans un avenir rapproché. Comme c'est très rare de mettre la main sur des textes qui expliquent pourquoi quelqu'un a décidé de trépassé volontairement, le mystère restera entier encore longtemps. 




dimanche 11 septembre 2011

Difficile de passer à côté. Et pourtant...

C'est arrivé il y a 10 ans, jour pour jour. Près de 3000 personnes périssaient, dans ce qui allait être probablement le plus gros buzz médiatique de toute l'histoire moderne.

Mon texte ne sera pas long. Surtout si on le compare à tous les éditoriaux, toutes les premières pages de journaux et revues, toutes les émissions spéciales qui se répètent, année après année. Qu'est-ce que je pourrais ajouter de plus, qui n'a pas encore été dit ou écrit depuis 10 ans. Rien. En fait, rien sur cette catastrophe.

Je sentais juste le besoin de relativiser un peu tout ça. Bien entendu je trouve ça gros 3000 personnes. Ce n'est pas rien. Sans Oublier qu'il faut multiplier ce chiffre par un nombre inconnu, afin de quantifier les victimes au total; les familles des disparus, les amis, les collègues de travail et j'en passe. Ce 3000 prend alors des proportions beaucoup plus importante. Bref, tout ça je le concède sans broncher.

Ce qui me titille un peu, c'est l'alzheimer collective. Est-ce qu'il y a encore des gens surpris de ce que l'homme peut faire de plus sombre et macabre pour arriver à ses fins? Ces gens naïfs étaient où pendant les cours d'histoire? Ils ne reçoivent pas les journaux, ne regardent pas la télévision, sont déconnectés du monde ou quoi??? Combien de grandes guerres a-t-on subit depuis que le monde est monde? SVP, ne me répondez pas 2. Vous feriez partie de ces ignorants de l'Histoire.

D'après vous, combien de morts pendant toutes ces guerres? On a bien un nombre approximatif pour les 2 grandes guerres mondiales, mais c'est quand même très vague. Imaginez alors, en additionnant toutes les victimes innocentes, des toutes les autres guerres, qui ont duré assez longtemps et qui ont fait assez de ravage pour "mériter" ce nom. Et là, je n'embarquerai pas dans les génocides, ça allongerait mon texte inutilement et je m'écarterais du sujet.

Pourtant, depuis les 10 dernières années, on dirait que tout le monde vit et tourne autour de cette tragédie du 11 septembre 2001. Comme si jamais rien d'aussi gros et tragique n'avait jamais été commis auparavant,  par la voie de quelques illuminés.

Pourquoi je trouve les animaux supérieurs aux êtres humains? J'aime penser que c'est parce qu'ils sont assez intelligents et qu'ils existent depuis assez longtemps, pour savoir que l'argent et les religions finiraient par les anéantir. Décidément, l'humain ne l'a pas encore compris.

Malgré tout, je sympathise avec les familles des victimes.



lundi 5 septembre 2011

Ça m'apprendra.

Pendant un instant, j'y ai cru.

C'était très prometteur. Plus la semaine avançait, plus je jubilais.

Mais que s'est-il donc passé, entre mardi et dimanche, pour qu'on en arrive à un pétard mouillé pareil???

Ils en faisaient pourtant une telle affaire d'état. Tout le monde en parlait. C'était sur toutes les lèvres.
Irene par-ci, Irene par-là, les évacuations massives, la sécurité civile (FEMA) était assez alarmiste, bref, un peu plus et on instaurait un couvre-feu dans tout l'est des États-Unis. LCN était régulièrement en émissions spéciales et c'était le même son de cloche pour RDI. J'exagère peut-être un peu, mais à peine.

De la part de la chaîne de nouvelles de TVA, il n'y avait rien de bien surprenant à ce traitement disproportionné, du phénomène Irène. Premièrement, la très grande majorité des "journalistes" sur ce plateau, est de sexe féminin. On sait tous que les femmes ont tendances à exagérer, dans plusieurs situations. Deuxièmement, c'est un réseau de peurologues. D'ailleurs, à cause d'eux, ce mot se retrouvera probablement dans le dictionnaire d'ici quelques années. Cependant, un fait demeurait: la question n'était pas de savoir s'il allait y avoir des morts ou pas, mais plutôt combien allait-il y en avoir. 

Comme son compétiteur à la SRC est moins porté sur le sensationnalisme, c'était un peu plus dosé.

Ceci étant dit, ce qui me fait écrire ce soir ce n'est ni LCN, ni RDI, mais plutôt CNN.

Il y a 6-7 ans, je vouais un culte à Monsieur catastrophes naturelles. Il était tout le temps là où ça brassait. Anderson Cooper était intraitable. On avait l'impression qu'il pouvait passer 36 heures sans dormir, à suivre un vrai ouragan, genre Dennis ou Katrina. Juste à y penser, j'ai pleins d'images de lui dans ma tête. Pas parce que je le trouve beau, mais juste parce que j'aurais donné beaucoup, pour être à sa place.

Mais pas cette année. Pourtant, Anderson était prêt, son équipe était prête, les États-Unis étaient prêts. Résultat? Au moins 40 morts, des milliards en dégâts, des inondations localisées,  mais pas d'images saisissantes, dignes des grands cataclysmes.

Les breaking news de CNN annonçaient la tempête du siècle, mais au final il s'en est résulté d'un bon coup d'eau, accompagné de bons coups de vents et d'une bonne dose de panique collective.

Bien hâte de les voir partir en peur avec Katia, si elle continue comme ça....

La prochaine fois qu'ils s'emballent autant, je vais adopter la même attitude qu'en amour; pas d'attente = pas de déception.

Tranche de vie. Je voulais écrire là-dessus sans trop me forcer et c'est ça que ça donne. Est-ce que ça se vend de l'inspiration?

À moins que ce billet soit seulement un prétexte, pour parler d'un passe-temps que j'aime faire: suivre et filmer des orages. J'en reparlerai sans doute, dans un texte qui devrait être meilleur que celui-ci, c'est promis ;)