C'est dans les journaux et à la télévision ces temps-ci. On nous présente des statistiques, des chiffres par régions, par tranches d'âges, par sexes, mais on parle très peu des raisons. Peut-être parce que les disparus n'ont pas toujours laissé d'explications ou peut-être qu'on préfère jouer à l'autruche. J'en sais rien.
La certitude que j'ai par contre, c'est que je suis déjà passé par là, comme en fait foi cette chanson, écrite dans le cadre d'un cour de français au Cégep. Je ne me souviens plus très bien si c'était le nom du manuscrit ou celui du cour, mais ça s'intitulait "Anthologie de la jeune chanson québécoise". Le titre du recueil était "La vie est ailleurs"
La certitude que j'ai par contre, c'est que je suis déjà passé par là, comme en fait foi cette chanson, écrite dans le cadre d'un cour de français au Cégep. Je ne me souviens plus très bien si c'était le nom du manuscrit ou celui du cour, mais ça s'intitulait "Anthologie de la jeune chanson québécoise". Le titre du recueil était "La vie est ailleurs"
Ma composition s'intitulait Le Suicidaire Imaginaire et c'était chanté sous l'air de "J'aurais voulu être un artiste".
Ça allait comme suit:
Je suis un être suicidaire
Qui voudrait bien quitter cette terre,
Pour ne plus jamais voir la mer
Et ne plus respirer cet air.
Je ne demande qu'à disparaître.
Je suis un être solitaire,
Qui ne veut rien savoir des autres,
Parce que ces derniers sont tous des traîtres
Comme Judas l'un des 12 apôtres.
Ça allait comme suit:
Je suis un être suicidaire
Qui voudrait bien quitter cette terre,
Pour ne plus jamais voir la mer
Et ne plus respirer cet air.
Je ne demande qu'à disparaître.
Je suis un être solitaire,
Qui ne veut rien savoir des autres,
Parce que ces derniers sont tous des traîtres
Comme Judas l'un des 12 apôtres.
Je n'suis pas fait pour vivre cette ère,
Qui n'se réfère qu'aux notes scolaires,
On appelle ça égalitaire
Moi j'appelle ça être tortionnaire.
Je ne demande qu'à aller paître.
Pour en finir avec mon être,
Devrais-je attendre après les autres?
Qu'attendez-vous pour me faire taire?
J'peux plus attendre après vous autres.
Je trouve que j'ai assez souffert.
Ne craignez rien, c'était à une autre époque. Bien peu de gens connaissaient l'existence de ce texte avant aujourd'hui. En fait, je crois que nous étions que 10. Les 8 autres personnes qui ont écrit + le professeur.
Disons que ce n'est pas le genre de chose que tu mets dans ton c.v.
Toujours au Cégep Ste-foy, dans une classe de philosophie, on nous obligeait à écrire sur l'homme. À tous les cours, nous devions pondre quelques phrases en rapport à ce qui nous passait par la tête.
J'étais inspiré par le sujet et j'ai accouché de ces 4-5 lignes:
À tous ceux et celles qui trouvent que le suicide est un acte de lâcheté, je vous mets au défi de garder la même opinion après avoir pensé à ceci : celui qui se suicide doit sacrifier l'amour qu'il avait de sa mère, de son père, de ses frères et soeurs, de ses amis ainsi que le chemin qu'il avait parcouru. C'est un acte de courage, un message qui doit passer et faire réfléchir. Les jeunes n'ont pas la place qui leur revient dans la société.
Enfin. Ce qui est écrit est écrit.
Pourquoi je ressors ça des boules à mites? Parce que plusieurs sujets du genre m'ont interpellé dans les derniers jours; demande de suicide assisté d'une personne gravement handicapée, l'histoire de Nelly Arcan vs son passage à Tout le Monde en Parle en 2007, le ministère de la santé et des services sociaux qui fait une tournée partout au Québec pour la sensibilisation du suicide chez les ainés, sans oublier la journée mondiale de la prévention du suicide, qui avait lieu le 10 septembre dernier.
Je vais essayé de me limiter à ces 4 "nouvelles", quitte à reparler du sujet dans un autre texte.
1 - Le suicide assisté ---> Évidemment je suis pour. Comme je suis athée, je ne peux pas argumenter en disant que ça va contre la volonté de Dieu. Bien encadrée, cette pratique permettrait à une minorité de mourants, de finir avec un peu plus de dignité, tout en allégeant des souffrances physiques et mentales, qui sont souvent endurées depuis beaucoup trop longtemps.
Je ne crois pas que mon jugement soit biaisé par le fait que je travaille avec ce type de clientèle, bien au contraire. De toute façon, j'ai toujours eu cette position face à ce débat, qui ne devrait pas en être un. Tant que certains ignorants prétendront que c'est un geste de lâche et tant que la religion prendra le dessus sur le côté humain, on restera au point mort. Pendant ce temps, des personnes saines d'esprit mais condamnées à mourir dans la souffrance, vont continuer d'agoniser un peu plus chaque jour. Bravo la société moderne.
2 - La "controverse", qui n'en ai pas vraiment une, concernant le texte "La Honte", récemment publié sur le site de Nelly Arcan. http://nellyarcan.com/pages/la-honte.php ---> J'adorais cette femme. Pas juste pour sa beauté rayonnante et sa poitrine invitante, mais bien pour le contenu de cette écrivaine. Je ne l'ai pas lu beaucoup car je n'aime pas vraiment lire, mais elle passait régulièrement à la télé communautaire pour discuter de sujets divers. Ce qu'elle disait était toujours pertinent et son vécu l'aidait à relativiser. Je trouve ça bien triste qu'elle se soit pendue, mais je suis bien mal placé pour la juger. L'histoire dans le Journal de Québec d'aujourd'hui, n'avait pas raison d'être. Sensationnalisme à la con.
3 et 4 - Les ainés et les statistiques ---> On peut facilement regrouper les 2 derniers sujets, car l'un a été pondu dans le cadre de l'autre.
Les hommes entre 35 et 49 ans sont les plus susceptibles de mettre fin à leur jour. Viennent ensuite les hommes de 50 à 64 ans. Ces chiffres sont assez facile à interpréter, mais les solutions demeurent vagues. Dans ma tranche d'âge, c'est souvent les familles et les mariages brisés qui en sont la cause. C'est une interprétation de ma part, mais je crois que c'est assez réaliste comme constat. Étrangement, les hommes passent plus difficilement au travers d'une rupture. On a longtemps cru que les femmes étaient plus émotives, mais peut-être pas dans ces situations. Encore là, c'est mon humble avis.
Pour ce qui est des hommes de 50 à 64 ans, on peut probablement affirmer sans trop se tromper, que les raisons sont à peu près similaires. Il n'y a plus d'âge pour les divorces, et peu importe où on est rendu dans notre cheminement de vie, ça n'est jamais facile à vivre. La perte d'un être cher, d'un emploi ou d'un fond de pension peuvent aussi expliquer le phénomène.
En terminant, je crois que peu importe l'âge et le sexe, on peut facilement associer le mal de vivre, à la pression sociale et à l'argent. Malheureusement, ces deux maux ne sont pas appelés à disparaître dans un avenir rapproché. Comme c'est très rare de mettre la main sur des textes qui expliquent pourquoi quelqu'un a décidé de trépassé volontairement, le mystère restera entier encore longtemps.
3 commentaires:
Pour ma part, je crois que le suicide est le signe d'un immense désespoir, d'un très grand mal à l'âme. On ne voit pas de lumière au bout du tunnel et la seule issue devient l'envie de disparaitre. Il ne s'agit ni de lâcheté ni de courage,je pense. Je ne juge jamais ces gens qui le font. Une goutte fait déborder le vase qui est déjà trop plein (je pense à Nelly Arcand et l'émission Tout le monde en parle.
La majorité des gens qui passzent par cette période noire ne sont pas capables d'aller chercher l'aide nécessaire,malheureusement. J'en sais aussi quelque chose...
Un ami d'enfance vient de passer à l'acte, sans notes, sans explications... Lui qui avait passé plusieurs fois près de la mort sans le vouloir, se la donne maintenant de toute sa volonté. Je lui ai souhaité bon voyage mais c'est toujours difficile pour ceux qui restent.. StephD
Je compatis avec toi Stéphanie. Tu es bien placée pour savoir l'effet dévastateur que peut entrainer le mal de vivre. Tu t'es toujours tenu debout, malgré tes différentes épreuves et tu as fait confiance à la vie. L'important, c'est de garder l'oeil ouvert, afin de référer un proche qui aurait la même idée, aux bonnes personnes ressources. Bon courage.
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